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 Jésus et les femmes

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eole



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MessageSujet: Jésus et les femmes Mer 29 Aoû 2012 - 8:50

Philosophe, diplômée en sciences sociales, Françoise Gange se consacre à l’exploration des mythes depuis 15 ans. Auteur de " Les Dieux Menteurs, notre mémoire ensevelie : l’humanité au temps de la Déesse " (Editions Indigo, 1998), elle a publié à La Renaissance du Livre " Jésus et les femmes ".

Entretien avec Françoise Gange, chercheuse et écrivain:

Dans ce nouvel ouvrage, " Jésus et les femmes " vous dénoncez une figure fallacieuse de Jésus que transmet le Christianisme officiel ?

En effet, tout d’abord, contrairement à ce qui est toujours dit, Jésus n’était pas exclusivement entouré de disciples mâles. Le patriarcat était pourtant bien installé dans le milieu juif.
De Même, on dit rarement qu’il y a deux récits de la Création dans la Bible. Le premier dit que Eve naquit d’une côte d’Adam, puis deux pages plus loin, il est dit que homme et femme il les créa. Il y a donc dans cette deuxième version l’idée d’égalité, l’homme et la femme étant traités de la même façon.

Pour en revenir à mon dernier livre, on a retrouvé en 1945 des manuscrits qui avaient été interdits. Ils étaient enfermés dans une jarre elle-même enfouie dans le sable. Ils sont écrits en Copte sur des papyrus. On dit que la plupart de ces écrits datent du Quatrième Siècle, ce qui n’est pas vrai.

En réalité, ces écrits sont antérieurs aux Evangiles Canoniques, par exemple, l’Evangile selon Marie, selon Magdala. On disait tout à l’heure qu’il y avait des disciples femmes autour de Jésus. Ces manuscrits gnostiques le montrent parfaitement car ils donnent des noms, Marie, Salomé, Marthe la sœur de Marie, la mère de Jésus.
D’ailleurs, l’Evangile selon Philippe dit que Jésus était toujours accompagné de trois Marie depuis ses débuts de prédicateur en Galilée. Il faut connaître ces Evangiles qui ont été interdits puis ensevelis par l’Eglise, laquelle a voulu rattacher Jésus au Judaïsme. Or le Jésus qui apparaît dans ces textes est un sage qui a beaucoup de point commun avec Lao Tse et avec tous les grands mystiques du monde, lesquels veulent faire l’alliance entre le féminin et le masculin.

Ainsi le Jésus de la Gnose dit à l’homme qu’il ne peut pas avancer s’il prétend ne garder qu’une partie de lui-même, à savoir sa face masculine. Il est infiniment sympathique pour nous les femmes mais aussi, à mon avis, pour l’ensemble de l’humanité. Il veut rendre à chaque individu les deux parties dont il est composé, le masculin et le féminin.

Ainsi, le Jésus de la Gnose est le premier féministe de l’histoire ?

Si l’on veut. En tout cas, quand on lit les Evangiles selon Marie, selon Philippe et même selon Thomas, on y trouve, non seulement, cette idée de nécessaire réconciliation entre le féminin et le masculin de l’humain, mais aussi, entre l’homme et la femme.
En revanche, l’Eglise selon Pierre est très misogyne. Personne, d’ailleurs, n’en fait mystère car c’est écrit dans les textes canoniques. Jésus, au contraire, s’opposait à l’optique du Judaïsme de l’époque selon lequel la femme était confinée à la maison.
D’ailleurs Jésus fut vilipendé par les premiers évêques, comme Irinée de Lyon au II è Siècle, qui dira que les gnostiques acceptent dans leurs rangs des prostituées, ces femmes qui se promènent avec eux, qui font de la prédication, qui enseignent.

Le Jésus que l’on découvre dans ces textes gnostiques est profondément humain, différent, ne reniant non plus pas la sexualité et disant " Ne méprisez pas la sexualité autrement elle va vous dévorer. Ne l ‘aimez pas trop non plus car elle va vous obnubiler ".
Il réconcilie donc l’homme et la femme, mais aussi le corps et l’esprit. Ainsi Jésus apparaît comme le sauveur du féminin car en patriarcat, la femme a tout simplement perdu son âme. Elle est réduite à son corps pour le plaisir de l’homme.
On le voit d’ailleurs encore autour de nous aujourd’hui, avec la publicité sexiste qui érotise et objectivise à outrance le corps des femmes.

Comment avez-vous eu connaissance de ces Evangiles interdits de Nag Hammadi ?

Je venais de terminer le livre sur les mythes de Sumer et je suis tombée sur un livre très intéressant d’Elaine Pagel qui parle de ces Evangiles interdits. Elle cite ces textes, mais ne fait pas de commentaires.
J’ai eu alors envie d’aller voir. Je les ai trouvés très difficilement dans une librairie à Vézelay, dans une édition du Québec. Aujourd’hui on peut les trouver à Louvain et à la librairie Copte de Montréal. Physiquement les manuscrits sont dispersés à Berlin, à l’Ecole de Jérusalem etc.

Quand on revient vers les Evangiles Canoniques après avoir lu les Evangiles Gnostiques, on s’aperçoit qu’il y a également des strates dans les Canoniques. On retrouve même la strate gnostique mais dissimulée, par exemple le rôle de Marie de Magdala qui est très proche de Jésus. Dans la Gnose, elle est son amante et sa disciple préférée.
Or le Christianisme officiel dit que c’est Jean qui était le disciple préféré. Or étrangement il n’est jamais nommé dans les Canoniques, alors que Pierre, Mathieu et Thomas le sont.
Il y a vraiment là un blanc, comme si l’on avait découpé un visage qui gênait sur une photo de famille. Car l’amour entre Jésus et Marie de Magdala est à la fois charnel et spirituel, comme devrait être l’amour. Mais cela le patriarcat ne peut pas l’accepter.
Car il ne veut pas de cette alliance d’amour entre l’homme et la femme, mais plutôt que la femme soit l’esclave et la servante de l’homme.
Le patriarcat a tout intérêt à nous tenir loin de notre âme et de notre esprit.
C’est pour cela que les femmes ont été écartées. Et dans les sociétés actuelles les plus patriarcales, c’est comme si la femme n’avait pas d’esprit et ne pensait pas.

Pourquoi cette obsession de négation de la femme dans les religions patriarcales ?

Cette impureté de la femme mais plus que cela cette profonde misogynie, cette négation de l’humanité dans son sexe féminin, on le trouve dans les trois monothéisme de façon exacerbée.
On le trouve aussi ailleurs. Ce chemin a aussi était fait en Inde. Mais ce qui frappe en Inde et aussi attire, c’est qu’il y a encore cette image du grand féminin malgré tout.
Dans les temples, on peut retrouver du divin féminin. Alors que chez nous, on a l’impression qu’il s’agit d’un folklore barbare, de pure imagination.
Même avec les universitaires, parler du divin féminin leur semble carnavalesque. Pour elles, le divin féminin est uniquement mythique. Elles ne voient pas que le mythe a été de l’histoire. C’est là-dessus que ce porte mon travail.

Contrairement à ce que disait Yung, le mythique n’est pas un archétype figé, c’est aussi de l’histoire. Or si l’on reste dans le mythe, par exemple des amazones, des femmes fortes, donc dans l’inconscient collectif, cela ne fait de mal à personne puisqu’on l’a décapé de son historicité pour le laisser dans une espèce de noman’s land, hors du temps et de l’espace. Alors que c’est curatif de souligner qu’il a existé du féminin autre que patriarcal, qui ne soit ni souillé, ni démonisé.
Le mariage souillé est le mariage patriarcal qui est l’union d’un dominant et d’une dominée. Le Jésus de la Gnose parle de l’union spirituelle et sexuelle d’un masculin libre et d’un féminin également libre. Il parle de l’alliance entre les deux.

Comment ces textes gnostiques et la lecture que vous en faite sont-ils reçus par les Chrétiens en France ?

En France, ce n’est pas du tout reçu pour deux raisons. D’une part, la spiritualité, on ne connaît pas. D’autre part, soit les gens se placent sous la religion officielle, le christianisme, soit ils vont vers des religions comme le Bouddhisme.
Or le Jésus de la Gnose est très proche du Bouddhisme. Mais comme ici, on se méfie du féminin, de la spiritualité, des sectes, la France se ferme à un courant qui ailleurs est un Fleuve, par exemple, en Amérique, au Québec et même en Belgique où je suis publiée.
Les idées que je défends sont débattues en Amérique du Nord où se trouve, d’ailleurs, la majorité de la recherche féministe et de la recherche tout court.

Vous n’êtes donc pas seule à défendre cette thèse ?

Il existe de nombreux auteurs qui font, ou on fait, les mêmes recherches. J’ai parlé tout à l’heure d’Elaine Pagel qui a publié " Les Evangiles interdits ". J’ai aussi parlé de Maria Gimboutas qui est archéologue et qui a fait un énorme travail sur le décryptage des symboles de la culture du féminin à l’âge du Bronze dans toute l’Europe. Son livre, " The language of the Goddess ", n’a pas été traduit en français.

De même Anne Behring et Jules Cashford ont écrit " The myth of the Goddess ", ouvrage qui n’est non plus pas traduit en français. Et avant cela, Merlyn Stone a publié au Québec " Quand Dieu était femme ".
Tous ces auteurs-là sont anglo-saxons.
En France, il y a Françoise d’Eaubonne qui a fait un travail sur les femmes avant le patriarcat, livre qui fut publié par le Seuil il y a vingt ans. Mais il faut aussi citer les précurseurs. Il y a Graves qui a écrit en 1920 " Les mythes grecs " où il décrypte ces mythes antiques à la lumière du combat entre le masculin et le féminin.

Il faut aussi cité Fraser qui a écrit " Les Rameau d’or ". Il a fait un travail gigantesque à travers les mythes d’Egypte, de Grèce, de l’Inde, des Esquimaux etc. Ces trois tomes sont passionnants, présentant les mythes tels que ceux des amazones, le sacrifice de l‘amant consort de la Déesse etc. Rien n’a échappé à cet homme qui écrivait au début du XXe Siècle. Il était d’ailleurs lui-même effrayé par ce qu ‘il découvrait. C’est de tout cela que je me suis inspirée.

Pourquoi, d’après vous, ces recherches actuelles, ainsi que les théories féministes, viennent aujourd’hui principalement des pays Anglo-saxons, en particulier d’Amérique ?

Il y a une misogynie en France qui est encore très prégnante, sans aucun doute issue de la culture judéo-chrétienne. On s’aperçoit que les pays protestants sont plus libres.
C’est également le cas de la Hollande et de la Belgique. Ils ont, dans ces pays, un esprit plus rebelle. Ils n’acceptent pas le Pape, les Evêques et toute cette hiérarchie que l’on trouve dans le Catholicisme. Ainsi chez Saint Paul et Saint Pierre, on lit constamment, soyez soumis à vos maîtres, soyez soumises à vos maris… Et Pour terminer par mon dernier livre, on peut presque dire que le principal combat du Jésus de la Gnose est la hiérarchie.
C’est l’amitié et l’horizontalité et non pas cette verticalité profondément stérile et injuste de la hiérarchie.

flower

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Justine34

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MessageSujet: Re: Jésus et les femmes Mer 29 Aoû 2012 - 9:33

je suis totalement d'accord avec ce qui précède. Saint Paul qui ne connaissait pas Jésus a arrangé toute l'histoire à sa sauce, et comme il était profondément misogyne il a écarté les femmes ! d'autre part il n'a pas respecté les paroles de Jésus "quand je ne serai plus là vous suivrez Jacques", Paul a écarté Jacques au profit de Pierre, sans doute parce qu'il pouvait le manipuler plus facilement.
J'ajoute simplement que je suis chrétienne, mais que tout ce que l'on a essayé de me faire croire au fil du temps, je parle de l'église romaine, me dégoûte profondément, on a une multitude de preuves maintenant, de falsification des textes antiques... bine dommage !
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orongo

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MessageSujet: Re: Jésus et les femmes Mer 29 Aoû 2012 - 10:10

C'est extrêmement intéressant.
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Pascalitsa

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MessageSujet: Re: Jésus et les femmes Mer 29 Aoû 2012 - 12:56

eole a écrit:
Vous n’êtes donc pas seule à défendre cette thèse ?

Il existe de nombreux auteurs qui font, ou ont fait, les mêmes recherches. J’ai parlé tout à l’heure d’Elaine Pagel qui a publié "Les Evangiles interdits". J’ai aussi parlé de Marija Gimboutas qui est archéologue et qui a fait un énorme travail sur le décryptage des symboles de la culture du féminin à l’âge du Bronze dans toute l’Europe. Son livre, "The language of the Goddess", n’a pas été traduit en français.
Ce livre est maintenant disponible en français: Le langage de la déesse.
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